leçon n° 
198

La concordance des temps

La concordance des temps, c’est la relation entre le temps de la proposition principale et le temps de la subordonnée.

1. Concordance des temps commandée par le sens

Elle traduit une relation chronologique.
  • Je pense qu’il travaille : présent
  • Je pense qu’il travaillait : imparfait
  • Je pense qu’il travaillera : futur

Les temps composés expriment l’antériorité par rapport à un moment donné (passé ou à venir), mais accompli :
  • Je t’explique ce que je vois
  • Je t’explique ce que j’ai vu (antériorité)
  • Je t’expliquais ce que je voyais
  • Je t’expliquais ce que j’avais vu (antériorité dans le passé)
  • Je t’expliquerai ce que je verrai
  • Je t’expliquerai ce que j’aurai vu (antériorité dans le futur)
  • Il démarra dès qu’il entendit le signal
  • Il démarra dès qu’il eut entendu le signal (antériorité dans le passé)

2. Concordance des temps obligatoire

Dans certains cas, la relation entre les temps est une certitude grammaticale.

présent + présent → imparfait + imparfait
  • Je fais ce que je peux (présent + présent)
  • Je faisais ce que je pouvais (imparfait + imparfait)

futur + futur antérieur → conditionnel + conditionnel passé
  • Il est convenu qu’on vous préviendra (futur) dès qu’une décision aura été prise (futur antérieur)
  • Il était convenu qu’on vous préviendrait (conditionnel) dès qu’une décision aurait été prise (conditionnel passé)

présent + passé composé → imparfait + plus-que-parfait
  • Il croit qu’il s’est planté (présent + passé composé)
  • Il croyait qu’il s’était planté (imparfait + plus-que-parfait)

3. Concordance des temps au subjonctif

Quand le verbe de la principale est au présent ou au futur, celui de la subordonnée est au subjonctif présent :
  • Elle craint qu’il ne soit en retard (présent + subjonctif présent).

Quand le verbe de la principale est à un temps du passé (récit), celui de la subordonnée est à l’imparfait du subjonctif :
  • Elle craignait qu’il ne fût en retard (imparfait + imparfait du subjonctif).

Pour exprimer l’aspect accompli dans la subordonnée, on emploie soit le passé, soit le plus-que-parfait du subjonctif :
  • Il craint que ses paroles n’aient été mal interprétées (présent + passé du subjonctif)
  • Il craignait que ses paroles n’eussent été mal interprétées (imparfait + plus-que-parfait du subjonctif)

Remarques

Dans la langue courante, on emploie souvent le présent ou le passé composé du subjonctif au lieu de l’imparfait ou du plus-que-parfait du même mode, c’est-à-dire qu’on se contente d’exprimer l’opposition entre le non accompli et l’accompli :
  • J’avais peur qu’il soit trop tard (subjonctif présent = non accompli).
  • Il avait peur que ses paroles aient été mal interprétées (passé du subjonctif = accompli).

Même dans la langue soignée, l’imparfait et le plus-que-parfait du subjonctif ne sont guère usuels qu’à la 3e personne (sauf pour être et avoir, où toutes les personnes peuvent s’employer) :
  • Je craignais que vous n’arriviez en retard (subjonctif présent).

et non :
  • Je craignais que vous n’arrivassiez en retard (imparfait du subjonctif).